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L'Enfance du mal - Film (2010)

L'Enfance du mal - Film (2010)

L'Enfance du mal - Film (2010)

Film de Olivier Coussemacq Drame 1 h 30 min 12 mai 2010

Céline, une gamine de quinze ans, a fui de chez ses tuteurs. Elle a élu domicile dans la dépendance d’une maison bourgeoise, à l’insu de ses propriétaires, le juge Van Eyck et sa femme. Découverte un soir, elle parvient à se faire accepter, et jour après jour, s’évertue à séduire ses nouveaux hôtes. Jusqu’à ce qu’une série de révélations les amènent à douter que sa présence ne tienne qu’au hasard…

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Céline, fugueuse de quinze ans, vit - au jour le jour - de petites arnaques. La nuit elle squatte la dépendance de la maison bourgeoise d'un couple de notables, Monsieur et Madame Van Eyck qui lui offrent l'hospitalité. Bien décidée à s'y incruster, Céline s’applique avec intelligence - et une touche de perversion - à plaire à ses deux hôtes... Jusqu’au jour où une série de découvertes sur la jeune femme amène le couple Van Eyck au bord de l'implosion…

Venu du documentaire et de la télé Olivier Coussemacq réalise ici son premier film de fiction, une œuvre à mi chemin entre drame social et film noir. La mise en scène est parfois un peu maladroite (la scène de poignard, un peu ratée...) mais si l'on considère le manque d'expérience de cet auteur naissant et si - comme moi - on se laisse captiver par ce superbe scénario, on oublie facilement ces quelques erreurs de débutant.

Un premier film sous évidente influence chabrolienne, tendance sombre (Que la bête meure, Merci pour le chocolat, Violette Nozières, La cérémonie...) porté avec subtilité et conviction par trois acteurs absolument prodigieux qui nous entrainent dans cette dérangeante et émouvante affaire de manipulation...

Et c'est d'ailleurs - sans doute - la performance, la finesse et la justesse des acteurs qui porte le film et qui transporte le spectateur dans une œuvre assez vénéneuse. La direction d'acteur est en effet irréprochable... Il faut dire que Coussemacq n'a choisi que des Stradivarius...

Pascal Greggory est, comme toujours, admirable et son désarmement face à cette charmante Lolita et sa dureté parfois le rende aussi antipathique qu'émouvant. Il sait apporter une vraie humanité à ce notable froid, une vraie violence à ce juge acculé et une émouvante vulnérabilité à cet homme perdu.

Ludmila Mikael, actrice merveilleuse, trop rare au cinéma, est parfaite, d'une sobriété totale et pourtant respirant la méfiance autant que la naïveté au cœur d'une même scène. Du grand art...

Et surtout, on retrouve avec délice Anaïs Demoustier dans un rôle complexe et d'une grande richesse, à la fois inquiétante en Lolita perverse apparemment candide et bouleversante en femme enfant mal grandie.

La relation trouble qui s'installe entre ces personnages va crescendo et réserve quelques surprises inattendues et passionnantes, distillées avec économie et justesse - sans aucune esbroufe "polardesque" - dans le récit tout au long du film qui s'avère au final un huis clos angoissant.

Olivier Coussemacq est incontestablement un auteur prometteur et j'attends avec impatience son prochain film qui je l'espère sera tout aussi réussi et encore plus personnel.

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