AccueilFilm › La Couleur des sentiments - Film (2011)

La Couleur des sentiments - Film (2011)

La Couleur des sentiments - Film (2011)

La Couleur des sentiments - Film (2011)

Film de Tate Taylor Drame et comédie 2 h 26 min 26 octobre 2011

Dans les années 50, une femme souhaitant devenir écrivain s'inspire des récits des domestiques noirs-américains sur leurs riches employeurs blancs.

Informations du fichier


Seeds : 673
Leechs : 236
telecharger

Il y a dans ce film quelque chose de... léger, discret. Je ne sais pas comment l'expliquer mais je vais tout de même essayer dans ces prochaines lignes.

La mise en scène est parfois sublime, il y a des plans vraiment parfaits, à tel point que quand tu les vois tu te dis qu'ils sont parfaits, mais ce n'est jamais prétentieux. C'est juste du talent. On n'essaie pas de vous en mettre plein la vue, du genre "eh, regarde, on voit la pièce entière mais mon personnage est juste dans un coin, c'est du jamais vu et c'est hyper original". Puisque de nos jours, tous les cinéastes un tant soit peu indépendants (oui, bon, tous les cinéastes sauf Michael Bay en fait), essaient de faire ça, on commence à en avoir un peu marre. C'est d'ailleurs ce qu'ont reproché beaucoup de personnes à propos de The King's Speech. Ici, c'est toujours beau sans en faire trop.

La multitude d'histoires qui composent ce film s'enchainent avec une telle aisance que ça en est impressionnant. Je veux dire par là que même si on vous montre les bonnes pendant deux minutes, puis la famille de Skeeter, puis la vie des beaux quartiers avant de revenir aux bonnes, on n'est jamais perdu. Jamais il ne nous vient à l'esprit de penser que ça fait lourd, que le réalisateur aurait dû enlever des histoires secondaires, qu'à force on s'emmêle les pinceaux. Au bout de 2h30, on a tout compris, tout suivi, la fin ne nous laisse pas sur notre faim. Les événements de la ville de Jackson se font en même temps, ils sont souvent entrecoupés, mais il y a comme une magie (parce que oui, quand on se sent si facilement emporter par le film, c'est de la magie) qui nous prend au début par la main, et qui nous dépose à la fin tout doucement. Parfois avec des larmes, certes, mais tout doucement.

Encore une fois, niveau émotions, je n'ai pas trouvé le film lourd du tout. On a tous compris que la fin est faite pour faire pleurer la moitié des gens, mais ils ne vous disent pas "attention, scène à mouchoirs". D'ailleurs, les scènes émouvantes sont distillées tout au long du film, entre deux scènes plus joyeuses. J'avoue avoir eu les yeux mouillés à la fin, mais je pense que c'est presque mieux que d'avoir pleuré à chaudes larmes. Car la fin est restée pour moi légère, discrète, comme le reste, dans l'émotion oui, mais pas tire-larmes non plus.

La musique de Thomas Newman est géniale. Pas dans le sens où elle fait jouer 1000 violonistes comme des fous, accompagnés de dizaines de percussions qui font exploser les enceintes, mais dans le sens où elle colle parfaitement au film. Parfaitement. J'ai remarqué qu'elle n'était jamais trop forte, elle accompagne les acteurs mais sans en être un à part entière. Dans certains films, la musique prend toute la place, ici elle se fait... eh bien, disons le : discrète et légère. Les scènes d'émotion, comme je le dis au-dessus, ne sont donc jamais lourdes. La musique préserve et renforce l'harmonie qui se dégage de la mise en scène. The Help est un bel exemple d'une utilisation magnifiquement intelligente de la musique.

Alors bien sûr, avec une telle légèreté, les 2h30 du film passent toutes seules, les différentes histoires sont toujours intéressantes, on ne s'ennuie pas, on pourrait même continuer comme ça deux heures de plus. Pourtant, il n'y a aucun rebondissement majeur ni de gros twist sur lequel tout le film repose. Mais ça n'en est que mieux, c'est comme un long cours d'eau qui nous porte sans que nous touchions un rocher. Ce rocher ne nous ferait pas de mal mais il apporterait de l'action, cependant il nous détacherait de ce flottement paisible. Légèreté, discrétion, je ne sais pas quoi dire d'autre. Quand arrive le générique, on se rend compte alors de cette harmonie qui a été créée entre les histoires des personnages, entre nous et l'écran de télévision. Le générique magnifique, soit dit en passant. Ma vision doit sûrement être déformée mais quand j'ai vu les noms apparaitre et disparaitre pendant que Aibileen marche, j'ai trouvé ça léger, discret. Oui oui, encore. Blancs, éphémères, c'était beau.

Voilà, tout est dit, le film est beau.

Léger.

Discret.

Il n'écrase pas son spectateur en voulant à tout prix à le faire réagir, il arrive à maintenir une continuité incroyable entre les histoires pourtant nombreuses et surtout, surtout, il n'est en aucun cas prétentieux. Et comme dirait l'autre, ça passe crème. "Courage sometimes skips a generation. Thank you for bringing it back to our family."

Ces fichiers peuvent vous intéresser :