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Ip Man 2 : Le Retour du grand maître - Film (2010)

Ip Man 2 : Le Retour du grand maître - Film (2010)

Ip Man 2 : Le Retour du grand maître - Film (2010)

Film de Wilson Yip Arts martiaux 1 h 48 min 29 avril 2010

En 1950, le maître Yip Man arrive à Hong Kong et découvre une ville en pagaille où règne la violence et la misère. Il décide d'ouvrir sa propre école de Wing Chun.

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Non mais quel branleur ce Ip Man. Monsieur fume des clopes, embrasse le marché du travail en dilettante, se bagarre, se fait arrêter. Et pendant ce temps là bobonne se tape les tâches ménagères en gardant le lardon à la maison avec un polichinelle dans le tiroir, raque pour la bouffe, les clopes, le loyer, et les conneries de son doux rêveur de mari qui par contre va étendre le linge de la voisine.

Ah bravo ! Qu'il me donne son adresse, Ip. Il va voir ! ( Un jeu de mots s'est glissé dans cette phrase)

Derrière ce portrait à peine caricaturé du personnage campé par Donnie Yen (dont l’antipathie que j’éprouve à son égard semble s’estomper avec son entrée dans l’âge mûr) se cache tout de même une suite honnête, avec spectacle contractuel de rigueur, mais porteuse d’éléments assez indigestes, que le premier film de Yip avait su camoufler sous l’alibi d’un contexte historique opportun.

Franchement, je rejoins l’avis de @IllitchD : il y a quelque chose de puant dans la xénophobie du propos. Il suffit pas de la déguiser sous un pseudo nationalisme légitime en appuyant à la ranger l’invasion (dans tous les sens du terme) britannique du territoire de Hong Kong. Faut bien galvaniser la foule et donner de la portée à ce qui se résume finalement une fois de plus qu’à une vengeance bien machiste dans l’esprit —mais quand même !

Je reconnais qu’attiser la flamme nationaliste via l’affrontement martial n’a rien de nouveau et s’est déjà illustré maintes fois avec peu de finesse ; et en ceci Ip Man 2 n’est pas plus condamnalbe qu’un autre. Cependant, même moi, pourtant petit fils de vietnamien et arrière petit fils de chinois, je me suis senti à plusieurs moment du film aussi mal à l’aise qu’un néerlandais déguisé en fantôme dans un meeting de black panthers.

Ces considérations mises à part, Wip livre un kung fu agréable et lisible, réservant quelques scènes bien savoureuses (le marché au poisson, l’affrontement des maîtres…) et un versus final franchement bien amené. En effet, l’opposition force brute d’un corps massif et précision acérée d’un corps agile est parfaitement donnée à ressentir. C’est un peu le duel art philosophique contre geste primal ; tous deux ayant chacun une légitimité incontestable.

Ça fait plaisir de recroiser Sammo que j’ai vu en slip au bord d’une falaise la dernière fois (Enter the Dragon), c’est vous dire si on se croise souvent. Je resterai d’ailleurs toujours béat devant l’agilité dont il fait preuve malgré une corpulence pareille, chose qui me fascinait déjà à l’époque du Flic de Shanghai. En plus, le bonhomme fait partie de ces acteurs qui dégagent en un seul regard autorité et sensibilité, chose particulièrement flagrante dans le film qui nous intéresse ici.

En somme, Ip Man 2 c’est du bon kung fu mais un brin frustrant : les combats ne durent pas assez pour faire monter la sauce à un niveau suffisamment jouissif, les sauts suspendus par câbles enlaidissent la chorégraphie générale, et on aurait souhaité que la part belle soit aussi laissée aux élèves des maîtres au lieu de se résumer à une vulgaire bagarre de rue tronquée.

Question artistique la photo est bien numérique —donc parfaitement contemporaine— mais j’ai particulièrement apprécié le soin apporté aux décors, fourmillant de petits détails en faisant ressortir leur composition artificielle paradoxalement agréable à l’œil ; comme pour rappeler que le cinéma est aussi (encore) un artisanat plastique manuel. Les chorégraphies des combats remplissent la part du marché, ce qui compense une musique anodine.

Je regrette amèrement le temps de présence restreint de Lynn Hung, presque réduite à une ombre chinoise.

Et évidemment, on a droit au clin d’œil à Bruce Lee, des fois qu’on n’ait pas compris depuis qu’on nous rebat les oreilles avec.

Que d’orgueil dans ce film, quand on y pense…

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