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Happy Feet 2 - Long-métrage d'animation (2011)

Happy Feet 2 - Long-métrage d'animation (2011)

Happy Feet 2 - Long-métrage d'animation (2011)

Long-métrage d'animation de George Miller, Gary Eck et David Peers Animation, comédie et comédie musicale 1 h 39 min 17 novembre 2011

Mumble et Gloria ont désormais un fils, Erik, qui se bat pour découvrir ses propres talents dans le monde des manchots empereur. Mais de nouveaux dangers menacent la nation des manchots, et tous vont se rassembler - et danser — pour les sauver.

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Trois franchises, trois manières de brosser les environnements hostiles et les espèces primitives qui y vivent. "Max"," Babe" et "Mumble" tentent de survivre quelque part au milieu de la chaîne alimentaire tout en se raccrochant à l'Amour, la Vengeance ou l'Espoir. Que les films soient adressés aux adultes ou aux enfants, la vie trouve difficilement son chemin et s'accompagne parfois de Philosophie comme "Happy Feet 2", summum d'animation emplit de réflexions diverses sur l'être et ses passions.

"Mad Max"/"Mad Max The road Warrior", "Babe"/"Babe 2: Pig in the City", "Happy Feet"/"Happy Feet 2". A chaque fois, George Miller construit ses mythes dans un premier volet équilibré puis soumet le second à une pression extrême poussant tous les potars à fond en déchirant littéralement le concept. Économiquement cela a plutôt bien marché pour Max, beaucoup moins pour Babe et quasiment pas pour Happy feet 2. Le concept de départ n'est-il qu'un moyen d'appâter le studio dans une proposition solide puis d'en livrer par la suite une version définitive qui obéira en tout point à la vision de son créateur ? "Happy Feet 2" sera aux années 2010 ce que "Babe 2" fut aux années 90, un leurre pour les gosses, un mega jouet pour son réalisateur et un ride pour le cinéphile. En ce sens où ce second chapitre troquerait presque ses plumes contre le cuir clouté de "Fury Road" avec ce besoin constant de créer du mouvement et d'utiliser l'espace à l'aide d'outils numériques. "Happy feet 2" exploite toute sa réthorique cinématographique à un point inimaginable, enjolive son décors glacé de mouvements d'appareils improbables, fourre sa caméra dans des endroits inédits, s'offre les plus beaux plans zénithaux que le cinéma ait connu avant de s'immerger dans les eaux de l'arctique. De cette démonstration de tout puissance visuelle, Miller délaisse l'écriture et donne corps à son oeuvre et ce qu'il manquait au premier volume, un film pour enfants à la vision démiurgique. Des fonds marins à la Voie lactée, l'animé se paie le luxe de traiter un éventail de thèmes sans jamais alourdir la légèreté du spectacle. Un souhait exaucé par le père de Max qui va pousser l'expérimentation physique jusque dans ses derniers retranchements et obtenir une pure pensée philosophique sur l'existence des êtres.

Passer le film pour enfant de l'état liquide à l'état solide, une mission que seul le conteur, George Miller, est capable de mener à bien. Aidé dans sa quête de l'extase visuelle par le studio "Animal Logic", le réalisateur embrasse à pleine bouche l'héritage Disney en refaçonnant l'image de l'animal attractif (ici L'Empereur) envers le jeune public tout en y réincorporant la dynamique musicale dans les genres les plus divers. Ce qui va définir et différencier "Happy Feet 2" de son homologue aux grandes oreilles, c'est la notion de langage au travers d'une double réflexion à travers L'Art du spectacle mais aussi en plein coeur de son environnement hostile impliquant de ce fait la notion d'existence. Disney se réclame du spectacle en interaction totale avec son spectateur. Un déroulé séduisant qui se nourrit année après année de sa propre mythologie en repoussant toujours plus les limites de la technique tout en tenant compte des avancées socio-culturelles. Une machine marketing zéro défaut à la fois unidimensionnel et très largement glamour qui s'offre à la première bouche en coeur. Miller cogite différemment. Miller est conscient du potentiel "Disneyen" de ses créatures et de la tonalité musicale qui les accompagne. Les formes douces, arrondies et duveteuses du manchot sont les appâts destinés à s'accaparer les faveurs du jeune public. Un get apens au premier abord puis une extase lorsque le show déploie avec élégance un récit initiatique où Mumble aidé de sa progéniture (entre autre) doivent sauver leur race. L'héritage de la comédie musicale continue de drainer le plaisir du spectateur lambda mit sur les rails du divertissement pendant que "Happy Feet 2", dans un élan réflexif, s'écarte adroitement de sa trajectoire dans le seul but d'étayer ses multiples thèses. Les morceaux musicaux n'ont plus la simple fonction binaire de souligner les états d'âme des manchots mais de leur donner une dimension existentielle. La musique devient alors "passion" qui dans son sens philosophique devient la pulsion instinctive ou le réflexe primitif de l'animal. Sa capacité à chanter ou à bouger en rythme devient un besoin vital dans une société où l'individu a du mal à se distinguer physiquement de son congénère. Une aptitude qui lui permet de se fondre dans la masse et d'être accepté parmi les siens avec la certitude d'être contenu dans un moule uniforme. La condition d'individu à part entière se voit réduite et chaque être bien que possédant un nom pourrait tout aussi bien porter un numéro. Ce que "Happy feet 2" rejette, c'est de voir un peuple aux attributs parfaits. Il préfère sonder au sein de sa race, l'être inégal, le rejeton sans gloire et sans talent. Celui qui se différencie et est capable de quitter la colonie en s'exposant au monde qui l'entoure. Le danger au prochain carrefour bien sûr mais aussi le pouvoir d'échanger avec autrui et de se trouver une amitié commune avec l'être le plus surprenant qui soit. Une optique qui ravive au coeur de la saga l'idée de filiation et de la naissance d'un élu. Dans le premier volet, "Mumble" était banni de son clan pour sa différence. Son fils, "Erik" subit également le regard des autres pour son absence totale de talent vocal ou de chorégraphie.

Si la saga "Happy Feet" est la franchise qui clot la trilogie de George Miller sur la survie de l'espèce, son brassage thématique la placerait pourtant au confluent de celle de Max et de Babe. On y retrouve le désert de glace en corrélation avec l'outback et le rapport du point de vue de l'animal sur l'homme avec l'idée bien ancrée que cet "Alien" est tout autant capable de prédation que d'actes salvateurs. Ce schéma récurrent dans la filmographie du réalisateur australien réveille la notion d'héroïsme qui sommeille en chaque être. Il suffit de quitter "le troupeau" et de considérer qu'il n'existe pas de mauvaises expériences mais des expériences tout court. Une philosophie de vie qui peut amener tout droit dans les bras de la grande faucheuse ou pour les plus chanceux d'entrer dans la sphère de l'amitié avec son prochain. Dans les deux cas, Miller gratifie ce second volet d'action pure en travaillant le genre de l'intérieur selon la thématique du survival : Course poursuite effrénée entre la proie et le prédateur, environnement hostile et catastrophe écologique (la fonte des glaces) et démonstration de puissance de certaines races (film de monstres). Dans l'autre cas, le réalisateur rééquilibre la balance en injectant de la comédie grâce à une poignée d'êtres aux destins jamais funestes. Les deux krills (crevettes des eaux froides) tarabustés par l'idée de mener une vie propre en dehors de la colonie (on y revient) ou "Sven le pingouin" capable de miracle comme voler. Cette galerie de personnages n'a rien d'innocent puisqu'elle vient surtout corriger le tir d'une autre franchise populaire celle de "L'Age de glace" où les agissements cartoonesques de "Scrat," bien que réjouissants, s'avèrent un brin stériles. Chez Miller, l'humour se pare de sens et lorsque les destins de deux crevettes terrifiées aux yeux globuleux croisent ceux des manchots, cela reste fortuit. C'est le grand carrefour des hasards et coïncidences et de l'infiniment grand confronté à l'infiniment petit. Des concepts forts mis sur pieds par l'auteur de "Mad Max" et qui ne cessent d'illustrer l'un des plus beaux divertissements de ces dix dernières années. Pour un peu le Terrence Malick de "Tree of Life en serait presque jaloux.

Retrospective George Miller - Critique Happy Feet https://www.senscritique.com/film/Happy_Feet/critique/57388804

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