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Después de Lucía - Film (2012)

Después de Lucía - Film (2012)

Después de Lucía - Film (2012)

Film de Michel Franco Drame 1 h 43 min 3 octobre 2012

Depuis que Roberto est veuf, il ne s'occupe plus trop de sa fille Alejandra de 15 ans. Dépressif, il décide de déménager à Mexico. Dans sa nouvelle école, sa fille va supporter des abus psychologiques, sexuels et des humiliations pour ne pas créer plus de problèmes à son père. Père et fille s'éloignent de plus en plus, la violence est présente dans tous les aspects de leur vie.

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Plus qu'un film, un choc. Tellement bien fait qu'il secoue, dérange, terrifie, traumatise. Au vu des critiques, les avis sont divisés mais nettement tranchés : on a adoré ou détesté. Mais personne n'est resté insensible devant cette oeuvre qui titille avec intensité notre sens de la justice. Et nous rappelle des anecdotes qu'on a tous vécues à l'âge ingrat (que ce soit en bourreau, victime ou témoin).

A travers la destinée écoeurante d'injustice de la malheureuse Alexandra nous sont clairement dévoilés les mécanismes retors du "bullying" qui la font rentrer par un sinistre concours de circonstances dans un engrenage d'humiliations de plus en plus sordide. Une descente aux enfers absolument terrifiante tant la mise en scène très épurée du film nous la rend tragique et cruelle. Ce notamment en nous plaçant, nous les spectateurs, en témoins omniscients de tous les dessous de l'histoire, tandis que les personnages n'en voient eux qu'une partie. Un aspect de la vie humaine très habilement rendu.

L'unique petit "défaut" du film est selon moi le comportement de certains personnages, un peu trop exagéré pour être pleinement plausible : d'une part la réaction si tardive d'Alexandra devant l'accumulation d'horreurs infligées, et d'autre part la connivence de ses bourreaux, trop appuyée pour être crédible. Je m'explique : j'ai peine à croire qu'un être humain puisse encaisser tant de souffrances sans réagir d'une manière ou d'une autre, consciente ou inconsciente : révolte, fugue, dépression, somatisations, auto-mutilations... Qui en l'occurrence attirerait l'attention d'adultes (le père, les profs, le personnel du lycée). La réaction d'Alexandra me parait trop tardive pour être réaliste. Par ailleurs, les rôles et degrés d'implication différents de ses jeunes camarades (le groupe de bourreaux et les autres...) sont bien rendus mais leur sadisme est trop uni, trop complice. A croire qu'aucun n'aurait l'once d'empathie nécessaire pour être touché par ce qu'endure Alexandra au point de la soutenir, la défendre ou au moins de dénoncer le scandale. Solidarité maléfique qui donne plus l'impression d'une conspiration générale organisée que d'une représentation authentique de "bullying".

A moins, ai-je pensé après coup, que ces accentuations soient voulues pour intensifier le malaise du spectateur. Objectif largement atteint mais dont on peut déplorer le double-tranchant : le film perd en crédibilité ce qu'il gagne en impact cinématographique.

Reste malgré ces légers défauts un film-coup de poing extrêmement bien réalisé et interprété, ponctué de scènes très dures qui mènent à un final à la fois soulageant et terrifiant, satisfaisant et frustrant.

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