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Confession d'un enfant du siècle - Film (2012)

Confession d'un enfant du siècle - Film (2012)

Confession d'un enfant du siècle - Film (2012)

Film de Sylvie Verheyde Drame 2 h 29 août 2012

Trahi par sa maîtresse, le jeune et beau Octave devient un parfait libertin, entrainé par son ami Desgenais, sans que cette vie ne parvienne à satisfaire sa soif d'absolu. La mort de son père l'amène à la campagne où il rencontre Brigitte Pierson, une jeune veuve, de dix ans son ainée. Pour Octave, c'est à nouveau l'amour, la passion. Mais très vite, au détour d'un petit mensonge anodin, Octave se trouve rattrapé par le soupçon que cette femme, comme l'autre, comme toutes les autres peut-être, pourrait lui mentir, l'asservir, le trahir.

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Il faut s'y attendre, le film ne peut être comparable au roman écrit par la splendide plume d'Alfred de Musset, et doit donc miser dans l'intérêt du scénario, l'image, la musique, et le jeu des acteurs.

Le choix des costumes, des décors, les soirées libertines des années 1830 correspondent à la réalité historique. Il y a finalement peu de lieux, et surtout on voit peu Paris, ce qui aurait pu donner une impression de cloisonnement alors qu'Octave est un personnage mondain, mais on ne le réalise pas. En contraste avec les fêtes parisiennes, on montre de reposants paysages campagnards hivernaux, représentatifs de l'état d'esprit du personnage partagé entre les vices des mondanités et son désir de renouement avec soi. La musique est anachronique, sans être pour autant inadaptée. Elle est triste et instable, comme le personnage.

Le scénario n'est pas totalement fidèle au roman, ce qui est normal dans la mesure où il faut l'adapter cinématographiquement, mais problématique car il gomme des aspects essentiels de l'histoire. Le roman est bien plus brutal, tout comme le personnage d'Octave, lequel y est rongé par la passion et l'amertume, impitoyable, et même agaçant à blâmer la société qui l'entoure jusqu'à faire souffrir au nom de la morale. Quitte à prendre le parti de ménager la sensibilité du spectateur contemporain, il aurait fallu retirer la scène dans laquelle il frappe son ancienne maitresse. Deuxième défaut : dans le roman, Octave court après Brigitte, mais après l'avoir conquise, se met à la torturer. S'inspirant de lui, Alfred de Musset explique ça par la débauche qui l'a perverti. Le film approfondit assez mal cet aspect psychologique, et donne l'impression qu'Octave et Brigitte ne sont que deux personnes un peu trop idéalistes, puristes, qui détruisent leur couple pour des broutilles à force de se créer des noeuds au cerveau. Peter Doherty et August Diehl sont bien dans des rôles d'hommes du monde libertins et perturbés, tout comme Charlotte Gainsbourg dans le rôle d'une femme retirée et austère, mais le jeu des acteurs est trop morne. Passe encore pour Octave qui, meurtri par sa rupture et perdu dans la débauche, traverse une crise existentielle, et dont la lassitude est en fait causée par la passion, mais c'est moins justifié pour Brigitte. Nul besoin d'ennuyer le spectateur avec des répliques soporifiques et étouffées émotionnellement : ce n'est pas parce que l'époque se prête à la rigueur que les gens s'exprimaient de façon aussi plate.

En résumé, voilà un film plaisant esthétiquement, et historiquement instructif, mais beaucoup trop lent et psychologiquement peu approfondi.

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