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The Way - La route ensemble - Film (2011)

The Way - La route ensemble - Film (2011)

The Way - La route ensemble - Film (2011)

Film de Emilio Estevez Aventure, comédie et drame 2 h 08 min 7 octobre 2011

Un père qui avait coupé les ponts avec son fils traverse l'Atlantique après la mort de celui-ci, décédé lors du pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle.

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"El camino" en famille! Le Chemin de St. Jacques attire beaucoup de monde. Des pèlerins, des croyants, des athées, des randonneurs, des sportifs, des contemplatifs et même un académicien. Un cinéaste américain vient aussi de le prendre, Emilio Estevez, d'origine espagnole, dont le grand-père, un galicien à qui il dédie son film, avait émigré aux États Unis dans les années trente.

Un médecin, bien installé dans la vie, veuf, ophtalmo et joueur de golf a un fils unique que décide d'arrêter son doctorat pour aller voir d'autres horizons, rencontrer d'autres gens (en quelque sorte partir comme son "abuelo"). Son père ne voit pas les choses de la même manière mais ne peut pas l'empêcher. C'est ainsi que Daniel Avery (joué par Emilio Estevez) part en Europe mais sans dire où car, par choix, il n'a pas de portable.

Et c'est le commandant de Gendarmerie de St Jean Pied de Port, qui donne des nouvelles, pour lui dire que son fils est décédé dans une tempête en montagne dans les Pyrénées.

Parti en France pour rapatrier le corps de son fils, le docteur, Tom Avery (joué par Martin Sheen, son nom d'acteur; en réalité il s'agit de Ramon Estevez, le père du réalisateur) va mieux cerner la démarche de son fils. La rencontre avec le gendarme, la reconnaissance du corps, la découverte du sac de son fils l'engage dans le mystère ou la magie de ce voyage, et décide de prendre le chemin. Après l'incinération du corps, il transportera dans une petite urne les cendres de Daniel qu'il dispersera parcimonieusement tout le long du chemin. Ce qu'ils n'ont pas pu faire ensemble de son vivant, en quelque sorte le père s'est approprié du projet de son fils pour le partager en famille!

Et sur el camino, même quand on le fait seul (on ne l'est jamais tout à fait) on peut être aussi avec l' autre, tous les autres qui pour les raisons les plus diverses le font dans une même «communion», celle d'arriver à Santiago de Compostela.

Un petit groupe va se constituer, d'abord avec Joost un Hollandais d'Amsterdam, une canadienne Sarah, ensuite et d'un écrivain irlandais, Jack. Le film retrace cette équipée, cette road-movie pédestre, avec des séquences plutôt réussies sur les motivations d'apparence et les vraies engagements.

Le chemin permet de belles images, beaux paysages, avec une photographie qui enrichit de ce fait le propos. L'accompagnement musical, tantôt très proche et traditionnel du terroir, tantôt distancé et accompagnant la densité des échanges et du partage des histoires que dans la réciprocité se construisent tout le long de la marche.

Le risque existait que le film devienne, par le choix du récit, un mélodrame teinté de bonnes intentions et de croyances larmoyantes. Il n'en est rien et, mis à part quelques clichés ici ou là (très américains, disait ma voisine), le film est suffisamment sobre de ce point de vue, sans jugement des attitudes de chacun et sans vouloir dire «le bon chemin». Certes le film ne nous montre que des sentiers bien balisés, des paysages d'une nature très accueillante, et des pieds qui n'ont pas d'ampoules... alors qu'il y a aussi d'autres réalités du chemin! Je crois que c'est dans ce sens que ma voisine parlait du très américain.

Admirable séquence à Burgos, où un jeune gitan vole le sac de Tom. S'apercevant de la bêtise de son fils, le père vient avec l'enfant, rendre le sac et inviter le groupe à une mise en scène festive pour s'en excuser. Comme une leçon d'éducation, d'un père à un fils, d'autant plus sagace que Tom «transporte son fils sur le dos»!

A souligner le moment filmé à l'intérieur de la cathédrale de Saint Jacques, la «Bomboneira», spectaculaire bénédiction rarement filmée.

C'est une idée du père du réalisateur qui voulait à la fois honorer le chemin de St Jacques et rendre hommage au grand-père Francisco Estevez et au terroir d'où venait la famille, la Galicie. Un bel hommage qui ne laisse pas indifférent ceux qui découvriront ainsi le chemin comme ceux pour qui il est familier!

** D'autres cinéastes ont filmé le chemin, Luis Bunuel, en 1969, "La voie lactée" et Coline Serreau en 2005, "Saint Jacques La Mecque". Chacun à leur manière aiguisent notre "sens critique". Publié in http://blogs.mediapart.fr/blog/arthur-porto/280913/way-le-chemin-en-famille

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