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Lastman - Dessin animé (2016)

Lastman - Dessin animé (2016)

Lastman - Dessin animé (2016)

Dessin animé de Jérémie Périn Animation et action 1 saison (en cours) France 4 15 min 22 novembre 2016

Richard Aldana, boxeur assez paresseux, doit prendre soin de la fille de son coach, assassiné par un ordre mystérieux.

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Première critique de l'année: Bonne année à tous.

De nos jours, rares sont les œuvres de cet acabit-là dans le paysage de l’animation française. Au regard du contenu des 26 épisodes qui défilent à une vitesse folle, il est normal de féliciter France 4 pour avoir eu l’audace de diffuser un programme aussi jouissif qu’improbable. Pour ceux qui connaissent la bande dessinée Lastman, son éponyme télévisuel n’est pas un remake mais plutôt une sorte de préquel qui dessine les traits antérieurs du fameux Richard Aldana.

Petite frappe, boxeur à la ramasse, il vit de tout et de rien jusqu’au jour où il se voit embrigader dans une affaire mystérieuse. Tout s’enchaine quand il doit prendre soin de la fille énigmatique de son coach alors que ce dernier vient de périr en voulant la sauver des griffes d’une maléfique organisation démoniaque.

C’est dans cette atmosphère ombrageuse que Lastman accélère le processus de son intrigue et conduit à toute berzingue. Episodes courts (13 minutes), la série n’a jamais le temps de s’appesantir sur une situation que le récit passe déjà à un autre évènement. Malgré la durée famélique des épisodes, Lastman réussit à être aussi efficace que divertissant en maniant parfaitement narration et action. Car s’il est rafraichissant de voir une série d’animation française qui n’a pas froid aux yeux, il était aussi important qu’elle donne des garanties au niveau de sa qualité intrinsèque. Et le résultat est largement acceptable.

Alors que les planches papiers arborent un noir et blanc épuré et minimaliste, le rendu cathodique est différent. Prenant les mêmes traits de dessin, la série de Jérémie Perrin crache ses couleurs et les saillies sanguinaires giclent sur le petit écran de tout son rouge fuyant. Cet animé ne dénigre en aucun cas le matériel de base et garde la sève même de l’énergie communicative de Lastman grâce un montage parfait et la fluidité de sa réalisation. Ça crie, ça va vite, ça castagne, ça baise, ça insulte.

Derrière cette histoire qui verra l’humain combattre des monstres qui viennent de loin mais aussi de l’intérieur de chacun de nous, Lastman joue les équilibristes en marchant sur les plates de bandes de beaucoup de genres : du monde de la boxe au gothique baroque, du gore monstrueux au thriller mystique, du drame à la comédie burlesque, rien ne sera laissé au hasard. Devant ce melting pot d’influences autant narratives que visuelles, il est rare de s’ennuyer même si le récit peut parfois paraitre binaire, prenant les allures d’une série B aux confins horrifiques où l’humour potache n’est jamais bien loin.

Lastman construit sa propre galaxie, accouche d’une véritable identité artistique qui fonctionne autour d’un déluge de punchlines 80’s (Sylverster Stallone ou Chuck Norris comme figure de proue) et une action qui s’approprie la fluidité flamboyante de l’action japonaise. Jérémie Perrin utilise la nature même du récit pour questionner les motivations et les peurs de ses protagonistes. Ne s’agissant pas d’un simple road movie ou d’une simple course contre la montre face la monstruosité d’êtres qui nous surclassent, Lastman arrive aussi à parler de réels sujets comme celui de l’appartenance et la dualité identitaire de l’art voire même de la dignité et le professionnalisme des chaines de télévision en continu comme BFM TV ou I Télé durant des prises d’otage ou des actes de terrorisme.

Lastman carbure à l’adrénaline, s’amuse de sa galerie de personnages loufoques mais sait aussi baisser le rythme de son cheminement et sait se concentrer sur les déviances de chacun et les émotions qui résonnent. Car même si la série est parcourue d’un second degré permanent, cela ne signifie pas qu’elle incorpore la hype de la parodie méta dans son antre narratif. Les quelques clichés éculés sont présents par l’amour du genre et l’amusement communicatif mais Lastman ne perd jamais en vue d’avoir une envergure plus importante qu’elle n’en a l’air. Fun est le terme adéquat pour résumer le visionnage de l’intégralité de la série qui cache de nombreux mystères à découvrir.

Même si les univers dépeints s’avèrent hétéroclites et différents, Lastman fait penser au Comics Saga porté par Brian K. Vaughan et Fiona Staples, notamment dans cette capacité de joindre l’utile à l’agréable : cette sensation de liberté totale et transgressive mais qui ne jouit jamais de ce postulat. Au contraire, et sans arriver à atteindre des chefs d’œuvres tels que Cowboy Bebop, Lastman dépasse sa propre condition de Série B pour conquérir une palettes de registres distincts et acquérir une richesse grandissante dans un final apocalyptique.

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