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Monsters - Film (2010)

Monsters - Film (2010)

Monsters - Film (2010)

Film de Gareth Edwards Drame, science-fiction et thriller 1 h 34 min 3 décembre 2010

Quand la NASA découvre l'éventualité d'une vie extra-terrestre dans notre système solaire, une sonde est envoyée afin de prélever des échantillons. Malheureusement, elle s'écrase au-dessus de l'Amérique centrale lors de son voyage de retour. Peu après, de nouvelles formes de vie apparaissent dans la zone du crash et la moitié du Mexique est mise en quarantaine, considérée comme une zone contaminée. Six ans plus tard, les armées américaines et mexicaines se battent encore pour maîtriser les «créatures»... L'histoire commence lorsqu'un journaliste des Etats-Unis accepte de raccompagner un touriste américain en état de choc, du secteur mexicain contaminé vers la zone sécurisée de la frontière américaine.

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Monsters est un film de monstres, comme son titre l'indique. Et je comprends pourquoi certains fans du genre l'ont détesté. Si on cherche du Roland Emmercih, ou même du Pacific Rim, on ne peut qu'être déçu. Monsters, c'est l'anti-Emmerich. Et c'est un des meilleurs films de monstres que j'aie vu ces dernières années (avec un autre film très controversé, Cloverfield, que j'ai adoré). Tous les ingrédients du film de genre sont présents : la région décimée par les bêbêtes géantes, les maisons en ruines, les avions militaires qui survolent et bombardent de grandes zones, des zones infectées, donc interdites, délimitées par de grands murs censés contenir lesdites bêbêtes dans un périmètre donné. Oui, mais voilà, tout est dans le parti pris du cinéaste. Loin de faire un film à grand spectacle, il réalise une œuvre minimaliste. Loin du déferlement attendu d'effets spéciaux aseptisés, il s'intéresse à des personnages dont la vie est bouleversée par ces créatures. Loin de s'attarder sur les villes en pleine destruction, il nous montre des destins brisés et le lent processus d'adaptation de populations qui ont appris à vivre avec la menace permanente. Le film nous montre donc l'aventure de deux personnages, un photographe-reporter en poste au Mexique et la fille de son patron, qu'il doit escorter jusqu'à la frontière étatsunienne. Mais entre le Mexique et les USA, à cheval sur les deux pays, il y a la Zone Infectée, où pullulent les créatures et qui est bombardé en permanence par l'aviation avec des armes chimiques. Deux solutions : soit on contourne avec un ferry, tributaire des autorisations militaires et à des prix prohibitifs, soit on traverse la Zone, se fiant à des réseaux clandestins et avec un lot de risques vraiment important. Nous allons donc traverser des zones dangereuses, bordées de constructions détruites, avec des carcasses d'avions rouillant le long des routes. Et le cinéaste parvient vraiment à nous immerger dans son univers, grâce à une série de détails qui rendent le paysage très cohérent. Les télévisions diffusant des infos en continu ou des dessins-animés informant les enfants des risques encourus, les masques à gaz, les fresques murales montrant les monstres, les panneaux routiers annonçant la proximité de la zone infectée, tant de petites précisions faisant plus que des centaines de trucages impersonnels. Parce que, concrètement, on voit très peu les monstres eux-mêmes. De temps en temps, on les devine (plus qu'on ne les voit) sur un écran de télé, au loin sur un rivage ; on discerne vaguement un tentacule dans l'eau, mais rien d'extraordinaire. Monsters, c'est un film de grosses bêbêtes, certes, mais un film à taille humaine. Un film qui s'attarde sur la question : comment vit-on quand on est entouré de créatures monstrueuses ? Comment supporte-t-on la tension permanente ? Comment adapte-t-on notre vie quotidienne pour y intégrer cette terreur et vivre avec ? Avec discrétion, finesse et intelligence, le cinéaste dresse un film vraiment réussi, qui ne pourra que décevoir ceux qui cherchent du grand spectacle, mais qui fait souffler un vent inédit sur le genre. A ce titre, le final est purement génial. Du jamais-vu (du moins par moi) ! Je n'en dirai rien de plus, évidemment, mais j'ai été bluffé par le culot du cinéaste, qui parvient littéralement à retourner les codes du genre. C'est vraiment remarquable.

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