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Djeca : Enfants de Sarajevo - Film (2012)

Djeca : Enfants de Sarajevo - Film (2012)

Djeca : Enfants de Sarajevo - Film (2012)

Film de Aida Begic Drame 1 h 30 min 2012

Rahima, 23 ans, et son frère Nedim, 14 ans, sont des orphelins de la guerre de Bosnie. Ils habitent à Sarajevo, dans cette société transitoire qui a perdu toute compassion pour les enfants de ceux qui sont morts pendant le siège de la ville. Après une adolescence délinquante, Rahima a trouvé un réconfort dans l'Islam et elle espère que son frère suivra ses pas.
Leur vie se complique lorsqu'à l'école, Nedim se bagarre violemment avec le fils d'un puissant ministre du pays. Cet incident déclenche une série d'évènements qui permettront à Rahima de découvrir que son jeune frère mène une double vie...

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Il y a de tout pour éclairer la nuit dans cette ville, et pas que ces lampadaires que je collectionne ;-) : les guirlandes et illuminations de fin d’année, les phares des voitures et même un gyrophare, les enseignes des boutiques, un feu de poubelle, un briquet allumant une cigarette, et cette lueur céleste à la toute fin… Le travail sur la lumière, qui cible et révèle, est impressionnant. Celui sur les sons l’est encore plus, c’est à mon avis le cœur du film. Sarajevo n’est en relative paix que pour ceux qui s’efforcent d’oublier la guerre. Ce que ne parvient pas à faire Mima, notre héroïne, le plus souvent en mouvement, parfois tétanisée... Les bruits, à l’extérieur comme dans l’appartement, sont amplifiés à la hauteur des traumatismes et des souvenirs : un hélicoptère en devient menaçant, une sonnerie de téléphone semble une sirène d’alerte, une portière claque comme une détonation, les trains sur les rails mitraillent, la rumeur de la circulation est comme un lointain bombardement, les pétards de Nouvel An explosent trop fort, il y a une grenade qui n’est pas un fruit, un flingue qu’on jette à l’eau. L’eau est aussi omniprésente, elle coule sous les ponts comme le passé qui ne passe pas, elle est dans la pluie et dans les larmes, elle fuit des tuyaux, elle est chaude ou froide selon les sentiments, elle forme un brouillard opaque, elle provoque des dégâts. Elle n’est pas tant source de vie, car la mort hante les ruines. Sarajevo et ses survivants ont des problèmes, et pas seulement de plomberie ou de portes – autre symbolique très forte, elles ne s’ouvrent pas, elles ne ferment plus, les poignées cassent…

La violence couve toujours, les tensions n’ont pas disparu : entre générations, religions, sexes, au sein des familles, avec les collègues, et s’il reste une certaine solidarité avec les voisins ou les anciens orphelins, la corruption a pris le relais. Etat des lieux déplorable…

Mais, comme dans « Premières neiges » de la même réalisatrice, le salut peut venir des femmes, dans un fou rire, malgré un voile, car les femmes sont les tisseuses des foulards comme des tapis de prières, et sous le voile leurs cheveux et leurs pensées sont libres, courageuses et multicolores.

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