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2047 - Sights of Death - Film (2014)

2047 - Sights of Death - Film (2014)

2047 - Sights of Death - Film (2014)

Film de Alessandro Capone Thriller, science-fiction et action 1 h 29 min 24 juillet 2014

En 2047, le monde entier est sous la domination répressive du Gouvernement Central Confédéré. Ryan Willburn, un agent au service des forces rebelles, est envoyé, au péril de sa vie, en mission secrète afin de rassembler des preuves des crimes commis par le gouvernement.

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Dans un film mêlant d'anciennes gloires et légendes du cinéma de Science Fiction et d'Action comme Daryl Hannah, Danny Glover, Michael Madsen, Stephen Baldwin et l'immense Rutger Hauer, qui pour la plupart ont des filmographies récentes à l'encéphalogramme plat, on ne peut s'attendre à une pépite, au moins peut on espérer une bonne surprise. Point de pépite, ni même de surprise, ou alors elle fut bien décevante malgré une photo correcte et une mise en scène respectable.

Il y a des signes qui ne trompent pas sur la qualité douteuse d'un film. Parmi les plus évidents, mais pas les plus recherchés, se trouve la filmographie avouée des acteurs, surtout quand elle évite soigneusement de mettre en avant ladite performance. Il est d'autant plus difficile de cibler ce film qu'il porte, tel l'espion avec sa dizaine de vrais-faux passeports, différents noms selon les années et le lieu de sa sortie. Sur la filmographie wikipédia anglophone (donc l'originale souvent tenue et corrigée par des proches ou employés par l'attaché de Presse) de Danny Glover il est signifié S.O.S: Sights of Death, sur la filmographie de Stephen Baldwin il n'est même pas mentionné alors que l'alimentaire Shark in Venice y figure, ainsi que Dino Time - un dessin animé - qui appartient en fait à sa voxographie au rayon des oubliables. Pour Rutger Hauer le film est signalé comme 2047- Sights of Death, sa dénomination anglophone, alors qu'en Europe on le trouve comme étant 2047 - The Final War, même chose pour Daryl Hannah et Michael Madsen, plus courtois, comme Stephen Baldwin élude le film, mais dans une filmographie qualifiée de "sélective". On retrouve également ce film parfois sous le nom de Death Squad, quoiqu'il en soit, partiellement renseigné sur Imdb, le film n'a pas même de page wikipédia en langue anglaise, seulement une courte en langue italienne, rendant hommage à Alessandro Capone, le réalisateur, voyageur invétéré ayant tourné avec ou fait tourner Mélanie Laurent, Isabelle Huppert, Thierry Lhermite. On pourrait à ces derniers éléments voir naître une lueur d'espoir, mais les critiques de l'époque tant dans la presse que des spectateurs s'entendaient sur le coté clinique, austère, froid, de la mise en scène. Une nomination dans un anonyme festival de cinéma, et un passif de metteur en scène pour des idioties télévisuelles avec Bud Spencer en fin de carrière (la série Extralarge en 1990-1993) et des titres aussi éloquents que Le camping de la terreur (scénariste) ou Ninja Shadow (réalisateur). Intrigué, une interview de Bacardi productrice du film avec Ambi Pictures donne quelques éléments de réponse. 2047 - Sights of Death est un film de genre italien tourné avec des acteurs américains, en anglais, voué à l'export ! Il faut donc le critiquer comme tel, une production européenne à budget restreint.

Après la vision de ce petit film, j'ai voulu en savoir plus. Beaucoup critiquent son budget, une façon assez facile de se passer d'étudier les détails, d'ailleurs il est intéressant de donner des chiffres, car un "low-budget" ne signifie rien. Low à quel point? comparé à la saga Hunger Games ou à un film comme Cube (1997). Quel est-il? impossible à trouver. Tout au plus le film est qualifié de film pour Sci-Fi et nous savons que la chaîne donne à Asylum environ 1 million de dollars pour boucler un produit. Ici il est évident que ce beau monde réuni nécessite une trésorerie plus conséquente. Un petit tour sur Imdb nous laisse sur notre faim. Point d'indication pour le budget. Au visionnage on devine celui ci assez chiche, quoique le film n'est pas dénué d'une certaine esthétique, un filtre bleu rendant les ambiances de nuit inquiétantes à défaut d'être angoissantes. Les dix premières minutes du film sont d'ailleurs un très bon test: Danny Glover joue mollement assis sur une chaise derrière un bureau, le genre de scènes tournées sur une ou deux journées qui s'intercalent n'importe où au montage... passé le visuel (de nuit, c'est plus commode pour masquer les détails) d'une ville vivant une apocalypse futuriste, le héros, Stephen Baldwin, se retrouve à gambader sur des chemins et dans des décombres que pourraient offrir n'importe quelle banlieue industrielle, et son équipement, sans être original, a le mérite d'avoir quelques idées colorées (l'anti-rad luminescent vert, sans doute de la menthe à l'eau). On en vient à se souvenir de la grande période des carrières italiennes servant de décor à toute une floppée d'avatars de Mad Max dans les années 1980's. Le patrimoine italien est d'une richesse insondable pour les metteurs en scène de série B. Il est à noter une scène de combats d'hélicoptères, de nuit là encore, qui fleure bon les CGI proches des horreurs de la mythique boîte de production alimentant les soirée de la chaîne Sci-Fi, la bien nommée The Asylum.

Jusqu'ici Allessandro Capone bénéficiait pour ses long métrages de budgets allant jusqu'à 4,7 millions d'euros, et le voici débarquant avec un gotha de stars sur le déclin. Darryl Hannah selon divers sites évaluant les revenus nets annuels et par film des acteurs et actrices émargerait entre 100 000 et 150 000 dollars, Stephen Baldwin entre 400 000 et 500 000, Michael Madsen est crédité pour 125 000 dollars sur ce film précis, pour Rutger Hauer le chiffre non précisé doit être sensiblement les mêmes entre Madsen et Baldwin, Danny Glover qui, avec Eriq la Salle fait partie des acteurs black les mieux payés, touche un cachet proche de 2 à 3 millions de dollars pour ces derniers films. Le film doit donc approcher les 6 millions de dolalrs de budget, ce qui en fait une production déjà conséquente.

Un budget limité dans le domaine de la SF-action n'est pas toujours la garantie d'un film médiocre. Planète Hurlante, petite merveille canadienne avec Peter Weller de 1995, avait coûté en son temps 11 millions de dollars, soit environ 17 millions actuels. Alien de Ridley Scott, en tenant compte de l'inflation, aurait coûté en 2015 près de 38 millions de dollars seulement, le huit clos aidant. De grosses productions ont parfois échoué, pour celles ayant coûté entre 75 et 100 millions de dollars, si Brian de Palma s'en sort honorablement avec le très intéressant Mission to Mars, Planète rouge avec le peroxydé Val Kilmer et Lost in Space avec Matt le Blanc furent des flops artistiques retentissants !

2047 - Sights of Death est donc une erreur à mettre sur le compte de l'inexpérience dans ce domaine précis d'un réalisateur sans relief, et sur le manque d'entrain évident du casting. Darryl Hannah ne fait pas honneur à son personnage, et en arborant une chevelure d'amazone dans un uniforme fascisant , sa crédibilité ne fait illusion à aucun instant. Rutger Hauer est honnête dans son jeu, mais aucune mise en valeur ne permet d'utiliser son profil ou son aspect inquiétant, son rôle dans le très bon les Faucons de la nuit (1981) apparait comme bien plus angoissant que ce dictateur d’opérette. Stephen Baldwin tente d'insuffler un peu de vie dans ce film, mais si le Mcmannus frappadingue d'Usual Suspect n'est pas mauvais acteur, il manque de Charisme et son visage bouffi par le temps le dessert dans le rôle d'un simple capitaine rebelle. Michael Madsen, lui, surjoue, cabotine à qui mieux mieux. Le film aurait du répartir les rôles différemment. A Madsen le rôle de l'antagoniste, à Rutger Hauer le rôle du vieux relais de la rébellion, Baldwin récupérant le rôle de Madsen aurait fait gagner le jeu de ce personnage en sobriété et en vice caché, et pour ce prix, Danny Glover aurait pu, tout de même, une fois, quitter son recoin de bureau.

2047 - Sights of Death, le rendu photo des derniers ersatz d'Universal Soldiers et l'énergie du petit fonctionnaire payant ses impôts, l'échec n'est pas toujours imputable au seul réalisateur, aussi largué soit il loin de ses bases !

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