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Valley of Stars - Film (2017)

Valley of Stars - Film (2017)

Valley of Stars - Film (2017)

Film de Mani Haghighi Policier, fantastique, aventure 1 h 47 min 2 juin 2016

23 janvier 1965. Le lendemain de l’assassinat du Premier Ministre iranien, l’agent Babak Hafizi est envoyé par la police secrète sur l’île de Qeshm, à l’est du Golfe Persique, pour enquêter sur le suicide suspect d’un dissident en exil. Parcourant la mystérieuse vallée des étoiles accompagné d’un géologue et d’un ingénieur du son, Babak va découvrir que ce lieu renferme bien des secrets : d’un cimetière hanté à une disparition mystérieuse, le trio devra essayer de démêler mythes et réalité.

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Envoûtant. Enigmatique. Fantastique.

Valley of stars est de ces films exigeants qui demande toute l'attention de son spectateur. Un spectateur qui doit de surcroît jouer le jeu.

Babak Hafizi, au service secret du Shah d'Iran doit enquêter sur la mort suspecte d'un dissident politique survenue sur l'île de Qeshm. Là, règne en maître un homme, Almas, qui doit son autorité à des séismes étranges, conséquences du moindre enterrement dans un vieux désert, non loin d'une épave du XVIe siècle où s'était réfugié le dissident avant de mourir. L'agent secret, flanqué de deux civils - un ingénieur du son et un géologue - entend mener à bien son enquête et comprendre le phénomène diabolique qui y est lié. C'est alors que les trois hommes disparaissent ... Une cinquantaine d'années plus tard, l'équipe de tournage de Mani Haghighi décide de découvrir ce qui leur est arrivé et ce qu'ils ont découvert dans la mystérieuse Vallée des Etoiles.

Entre film d'espionnage et film fantastique, entre ambiance et cassage de quatrième mur, entre reconstitution psychédélique des sixties iraniennes et faux-docu-fiction, le moins qu'on puisse dire, c'est que Valley of stars est un film très étrange. A l'image de la rencontre finale de son héros et d'un chameau venu d'outre-tombe lui annoncer sa mort. Etrange et pourtant très poétique.

On se laisse emporter par la fiction mais on se perd dans les labyrinthes d'une narration d'orfèvre trop efficace. On se pose la question de l'authenticité de la démarche documentaire mais on n' en reste pas longtemps la dupe. Mani Haghighi, le réalisateur du film, ne tourne-t-il pas d'ailleurs vers le spectateur dès sa première intervention une moue dubitative, lui-même peu convaincu par le jeu qu'il lui propose ?

Et pourtant cette moue respire la connivence: *Valley of star*s, c'est une invitation à un jeu de questionnement sur le réel, sur la folie, sur le fantastique. C'est aussi une invitation au rêve, à la poésie, à la jouissance esthétique dépourvue de sens, dans un décor à la fois glauque et charmeur, souvent éclairé à la chandelle, qui, diurne, surprend par ses incongruités. Valley of stars, ce peut être cet homme, assis de nuit sur le lit d'un mort qu'il vient d'enterrer, lisant à la bougie l'un de ses livres et se retrouvant soudain en plein séisme, croyant percevoir le cri d'une bête ! Ce peut être ce désert beige, moucheté de quelques tombes noires et d'une vieille épave de bois sombre d'où s'échappe une grappe de ballons multicolores !

Imaginez une version du Dr No où Terence Young enquêterait avec son équipe de tournage sur la disparition du James Bond, Quarrel et Félix Leiter sur l'île de Crab Key et découvrirait qu'ils ont découvert un véritable dragon que dissimule un Dr No expert en traite des blanches: ça y est ! Vous savez ce qu'est Valley of Stars: un James Bond sous acide ! L'esthétique des décors, des jeux de lumières et de sonorités priment sur une enquête qui aurait pu donner tellement plus ! C'est Dr No ou Skyfall, sauce hippie !

La clef du film réside d'ailleurs en deux scènes: la toute première qui ouvre le film sur un interrogatoire enregistré sur bande et la scène où l'agent secret démasqué se voit offrir un joint contenant une drogue non identifiée qui, seule, permet de découvrir la piste concluante de l'enquête. La première scène annonce l'aspect faux docu-fiction, la dimension d'interrogation sur ce qui sépare le réel de l'imaginaire. La deuxième scène établit un pacte de lecture qui suggère au lecteur de se laisser enivrer par une folie douce qui, seule, permet d'apprécier ce film d'espionnage poétique.

Venez découvrir le monstre du Loch Ness des sables! Attention ! Un dragon arrive !

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