AccueilFilm › Genre c'est du Cinéma ? - Documentaire (2018)

Genre c'est du Cinéma ? - Documentaire (2018)

Genre c'est du Cinéma ? - Documentaire (2018)

Genre c'est du Cinéma ? - Documentaire (2018)

Documentaire de Victor Bonnefoy 1 h 20 min 30 mai 2018

A travers un parcours au sein du festival de film fantastique de Geradmer, de nombreux intervenants réalisateurs/producteurs français ou internationaux tenteront de percer une question simple : "Est-ce qu'il est facile de réaliser du cinéma de genre en 2018 ?"

Informations du fichier


Seeds : 1190
Leechs : 416
telecharger

Il faut d'abord que je mette les point sur les i dès le début: je partais très sceptique vis-à-vis de ce projet. Je n'apprécie malheureusement pas les vidéos de Victor Bonnefoy, alias InThePanda: sans avoir de grief particulier contre la personne, je ne tire jamais rien de ses critiques, les trouvant particulièrement vides, ne survolant que les films sur la surface - quand la vidéo n'est pas tout simplement creuse.

Mais il s'agit d'un cinéphile, c'est indéniable, et malgré ses quelques idées reçues, son manque de propos clair et construit, il était possible pour ce documentaire (ou hybride documentaire/vidéo/reportage, comme il le qualifiait dans sa vidéo de présentation) de donner un résultat particulièrement intéressant.

Au final, c'est le cas. "Genre c'est du Cinéma ?" s'avère être une synthèse très efficace sur la question du film de genre français et sa situation. J'avais initialement peur, en le commençant, que la responsabilité des spectateurs dans la situation du cinéma de genre français soit ignorée, voir niée, et au final, aussi bien public que producteurs sont mis dos à dos, et face à leur responsabilités dans l'affaire.

Toutefois, si cette synthèse est si efficace, qu'est-ce qui bloque ? Tout d'abord, la nature du documentaire en lui-même. Son intérêt réside avant tout dans les entretiens, ce sont ces interviews qui portent le projet et qui lui donnent sa richesse d'analyse. Car le reste... et bien, que reste-t-il ? Aucune esthétique particulière, pas de mise en scène, seulement quelques filtres pour donner une identité visuelle artificielle à la vidéo (qui n'est pas déplaisante quoiqu'un peu lassante quand elle vient mettre à mal des images d'extraits de films). En fait, cela correspond exactement à ce qu'InThePanda avait annoncé lors de sa présentation: il ne s'agit pas vraiment d'un film documentaire, mais s'avère trop long et construit pour n'être qu'une vidéo. Et il suit une opinion et un parti pris trop marqué pour n'être qu'un reportage.

Au final, documentaire ou non, vidéo ou non, nous pouvons malgré tout en conclure qu'il s'agit d'un produit de vidéaste, et non pas de cinéaste. Il nous permet une synthèse efficace et une ouverture intéressante sur la question à travers des entretiens concrets, complets, effectués avec des professionnels, ou mêmes des habitués de la question et analystes d'exception tels que François Theurel (Le Fossoyeur de Films). Tout cela est relié par des interventions et un montage qui ne dépassent pas l'ambition d'une vidéo YouTube; ce qui ne veut pas dire qu'elle n'est pas travaillée, ou que c'est à reprocher, mais cela confirme le statut d'un produit destiné au web, pas d'un long ou moyen-métrage documentaire destiné à la diffusion en salles. Ce qui n'empêche pas le contenu de malgré tout souffrir un peu de cet amateurisme, qu'il s'agisse d'une légère naïveté planant dans le texte de la voix-off, semblant à la fois retenir les informations apportées par les entretiens sans les assimiler pleinement; ou des simplifications habituelles de la chaîne; comme l'ajout du compteur "Simple/Pas Simple" au début du documentaire, catégorisant de façon manichéenne des propos nuancés - et parfois de façon inexacte, certains cinéastes étant étrangers et élargissant la question du genre à l'international ou à leur pays d'origine.

De plus, bien que je partage l'aversion de Victor Bonnefoy pour la comédie française populaire, le manque de nuances sur des catégories tels que "drames chiants" ou "films d'auteur", quand bien même certains films de genre sont des films d'auteurs ou peuvent être des drames également (le mélange des genres est récurrent...), devient alors assez agaçant. La surabondance de drames ne signifie pas qu'ils seront nécessairement tous mauvais ou ennuyeux, et ces appellations contrastent avec l'ouverture d'esprit supposée nécessaire à la création d'un projet tel que "Genre c'est du Cinéma ?".

Malgré tout, il vaut le détour pour la multitude de propos de cinéastes, producteurs, cinéphiles ou professionnels du milieux, recueillis au cours de la vidéo/documentaire, et rien que pour cela je recommande son visionnage.

Ces fichiers peuvent vous intéresser :